Il y a 50 ans... mai 68

Il y a 50 ans... mai 68

Exposition

► Du vendredi 27 avril au samedi 9 juin
Dans le hall de la médiathèque François Mitterrand

À la une

Crédit : Affiche / Atelier des Beaux-Arts / collection BNF-Gallica

De la presse quotidienne régionale aux hebdomadaires nationaux et internationaux, les médias portent un regard sur les événements qui  débuteront dans la rue en mai avec les mouvements étudiants pour se poursuivre jusqu’au élections législatives du 30 juin.

Mai-juin 1968 apparait  comme une rupture fondamentale dans l'histoire de la société française, matérialisant l'abandon de l'ordre ancien séculaire marqué par le poids de l'autorité, de la famille, de la morale et de la religion, et l'avènement de la société post-moderne.
Revivez  ces deux mois  tout au long d’une sélection de « unes » mais aussi  d’articles  issus des collections des médiathèques de Lorient : la Liberté du Morbihan, Ouest-France, Le Monde, L'Humanité, Paris-Match, Le Canard enchaîné, Life

Une large sélection de documents sera également mise à votre disposition dans le hall, à emporter ou à consulter sur place.

Projections : Cannes, le festival manqué

Décernez  le Grand Prix du Public des médiathèques de Lorient

En 68, le Festival de Cannes démarre le 10 mai avec en ouverture, la projection du grand classique de Victor Fleming Autant en emporte le Vent, alors que les évènements battent leur plein à Paris.

Au total, ce sont 27 films de toutes nationalités qui sont en lice. Cependant, un climat de plus en plus houleux s’installe entre les producteurs et les cinéastes. Les premiers  veulent maintenir le festival en dépit des évènements, pour des raisons essentiellement économiques. Les seconds,  beaucoup plus réticents et partagés se sentent proches et solidaires du mouvement contestataire. Il en est de même pour le jury, composé cette année-là d’artistes engagés tels qu’Orson Welles, Roman Polanski, Monica Vitti, ou Terence Young.

Le 18 mai, une réunion-débat est organisée, notamment autour de l’affaire Langlois qui agite le monde cinématographique depuis plusieurs mois (l’éviction du créateur de la Cinémathèque Française, Henri Langlois, par le ministre de la culture de l’époque André Malraux). François Truffaut, Claude Berri, Claude Lelouch et Jean-Luc Godard prennent la tête de la contestation et proclament qu’il serait ridicule et indécent de poursuivre le Festival. Jean-Luc Godard s’exprime en ces termes à ceux qui refusent de se mobiliser : « je vous parle solidarité avec les étudiants et les ouvriers et vous me parlez travelling et gros plan ! Vous êtes des cons ! »

Après de multiples incidents et interruptions sauvages des projections par les cinéastes - y compris ceux qui sont en compétition-  ainsi que la démission des jurés, le Festival est officiellement arrêté le dimanche 19 mai à midi. Seulement 8 films auront été projetés.

Des 27 films de cette « sélection perdue », 9 œuvres ont été éditées en DVD.  Nous vous proposons une semaine de projections à l’issue de laquelle vous pourrez voter pour votre film préféré. 

La Fête et les invités

► Samedi 12 mai à 14h30
Un film de Jan Nemec
(Tchécoslovaquie, 1967 ; 70 min)

Au Feu les Pompiers

► Samedi 12 mai à 16h
Un film de Milos Forman
(Italie / Tchécoslovaquie, 1967 ; 80 min)

La Pierre lancée

► Lundi 14 mai à 15h
Un film de Sandor Sara
(Hongrie, 1967 ; 84 min)

Rouges et blancs

► Lundi 14 mai à 17h
Un film de Miklos Jancso
(Hongrie, 1967 ; 85 min)

Un été capricieux

► Mardi 15 mai à 15h
Un film de Jin Menzel
(Tchécoslovaquie, 1967 ; 75 min)

Ah ! ça ira

► Mardi 15 mai à 17h
Un film de Miklos Jancso
(Hongrie, 1967 ; 80 min)

Je t’aime, je t’aime

► Mercredi 16 mai à 17h
Un film de Alain Resnais
(France, 1967 ; 90 min)

La Motocyclette

► Vendredi 18 mai à 17 h
Un film de Jack Cardiff,  avec Marianne Faithfull et Alain Delon
(France/Grande-Bretagne, 1967 ; 90 min)

Conférences

1968, la chanson se libère

Catherine Ribeiro + Alpes à la fête de l’Humanité – Avec l’aimable autorisation de Patrice Moullet

Une conférence de Jérôme "Ignatus" Rousseaux

► Vendredi 25 mai 2018 à 18h
Dans l'auditorium de la médiathèque François Mitterrand


Dans la France des années soixante, encore guindée et fascinée par les grands médias et le plaisir de la consommation, la chanson se limite encore souvent à la variété et à la chanson à texte. Les influences du jazz et du rock ont commencé à faire bouger les lignes, mais le conformisme reste de rigueur. Mai 68 sera comme un électrochoc et symbolisera l’émergence d’artistes désireux d’emmener les textes chantés vers de nouveaux territoires.
Des « anciens » qui se rebiffent (Léo ferré, Jean Ferrat…) mais aussi  une jeunesse qui explore (Brigitte Fontaine, Alpes…) ; une chanson engagée (Colette Magny, Leny Escudero…) et des labels qui prennent des risques… L’impact de mai 68 se fait ressentir tout au long des années soixante-dix pendant lesquelles de nombreux artistes vont s'engouffrer dans ce qui ressemble à une brèche grande ouverte. Pas de doute, la société change, et sa bande-son aussi.

  Ignatus (Photo: Marie Monteiro)

Les années 68 en Bretagne, les mutations d’une société (1962-1981)

Une rencontre avec Christian Bougeard

► Vendredi 8 juin à 17h
Dans l'auditorium de la médiathèque François Mitterrand


Les évènements de Mai 1968 renvoient généralement aux barricades et aux violences du quartier Latin à Paris. Or, ils se sont tout autant déroulés dans les régions de France, et en particulier en Bretagne à partir de la grande manifestation du 8 mai 1968 « l’Ouest veut vivre ». Pour les historiens, les années 68 couvrent la période de la fin de la guerre d’Algérie en 1962 à l’alternance politique de 1981. Ce sont des années de rapides mutations économiques et sociales bretonnes que l’ouvrage de Christian Bougeard, agrémenté d’archives inédites, propose de nous présenter.
Christian Bougeard, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université de Bretagne Occidentale est spécialiste de l’histoire politique, économique et sociale de la Bretagne au XXe siècle.

En partenariat avec les Presses Universitaires de Rennes.