Germaine Tailleferre

Musique

Mis en ligne le 14 mars 2017

1892-1983.

Elements biographiques :

Germaine Tailleferre dernière de cinq enfants est née le 19 avril 1892 dans une famille de la petite bourgeoisie. Très jeune déjà, elle étonne par ses prédispositions musicales.
Contre l’avis de son père, elle décide de mener des études musicales.
Elle intègre donc le Conservatoire de Paris en 1904 où elle remporte de nombreux prix. Si la musique est pour elle un plaisir, c’est aussi une affaire sérieuse. La musicienne ne se contente pas des enseignements du Conservatoire ; elle sait apprécier à leur juste valeur les conseils de Maurice Ravel ou recevoir précieusement des leçons en orchestration de Charles Koechlin.
Au Conservatoire, elle fait la connaissance de Georges Auric, Darius Milhaud et Arthur Honegger.
Et plus tard de Louis Durey et Francis Poulenc. Tous les six se réunissent bientôt autour de la musique, se voient baptiser du nom du Groupe des Six par le musicologue Henri Collet en 1920 et composent même en 1921 un ballet pour Jean Cocteau « Les mariés de la Tour Eiffel ». « Voilà donc réunis à leur insu six personnalités censées partager un même état d’esprit : une syntaxe musicale épurée, à la fois éloignée de Richard Wagner et de l’impressionnisme, lorgnant du côté des classiques (Johann Sebastian Bach avant tout) comme du côté du music-hall  et du jazz. ».

 

Les six musiciens sont liés par une amitié indéfectible qui vivra bien au-delà de la dissolution du groupe en 1923.
Jean Cocteau dans une conférence sur son manifeste « Le Coq et l’Arlequin » en 1930 déclare : « …Il n’a jamais été un groupe esthétique, il était un groupe amical…La véritable beauté du Groupe des Six reste une manifestation du cœur beaucoup plus qu’une manifestation de l’intellect ».

Chacun d’eux aura su développer des esthétiques musicales très différentes, celle de Germaine Tailleferre s’avérant peut-être la plus classique des Six. Malgré une vie personnelle compliquée (deux mariages, deux divorces) et des soucis financiers récurrents, elle n’aura jamais cessé de composer.


«On a longtemps considéré que l'œuvre de Tailleferre se réduisait à une série d'œuvres charmantes pour le piano composées dans l'entre-deux-guerres et que sa carrière de compositrice s'achevait à la Seconde Guerre mondiale. C'était oublier qu'en dehors de ces piécettes, elle composa surtout des œuvres de musique de chambre, des mélodies, deux concertos pour piano, trois études pour piano et orchestre, un concerto pour violon, son imposant Concerto Grosso pour deux pianos, huit voix solistes, quatuor de saxophones et orchestre, quatre ballets, quatre opéras, deux opérettes, sans compter de nombreuses autres œuvres pour petits ensembles ou grand orchestre, la plupart écrites entre 1945 et sa mort en 1983. Jusqu'à un passé récent toutefois, une énorme partie de son œuvre restait inédite, tel le Concerto pour deux guitares et orchestre, retrouvé et enregistré en 2004 par Chris Bilobram et Christina Altmann en Allemagne. Ce n'est que récemment que l'on a pu mesurer l'ampleur de son œuvre et la place qu'elle détient dans la musique française du Vingtième siècle » (Wikipédia)

Germaine Tailleferre consacra les dernières années de sa vie à enseigner d’abord à la Schola Cantorum puis à l’École alsacienne de Paris. Sa vie aura été en tous points digne d’un roman : rencontre avec les plus grands artistes de son temps : Paul Claudel, Paul Valéry, Charlie Chaplin, Picasso, Modigliani, Fernand Léger… et, « elle aura traversé les deux guerres, la belle Epoque, les années Folles, sans se départir de sa spontanéité et de sa fraîcheur ».

Elle décède à Paris le 7 novembre 1983, à l’âge de 91 ans.

« Tailleferre – notre Marie Laurencin. Elle  n’aime pas qu’on lui rappelle qu’elle a eu un premier prix d’harmonie, un premier prix de contrepoint et un premier prix d’accompagnement. C’est une modestie comme une autre. » (Erik Satie)

Cette modestie exacerbée l'aura certainement empêchée d'être reconnue à la hauteur d'autres musiciens de son temps et à sa musique d'être plus connue du grand public.

La mise au programme de quatre de ses œuvres nous permet d’éclairer son œuvre qui mérite que l’on s’y attarde. Une musique souvent qualifiée de gaie et précieuse, de légère et de vivace.

Sources :

Le Groupe des Six / de Jean Roy. - Seuil, 1994.

Musiques savantes : de Debussy au mur de Berlin :1882-1962 / de Guillaume Kosmicki. - Le Mot et le reste, 2012.

Wikipédia

Oeuvres de Germaine Taillefferre disponibles sur le réseau des médiathèques de Lorient.

 

 

Oeuvres à l'étude : L'Affaire Tailleferre.

Les œuvres au programme sont quatre petits opéras-bouffes d’après les textes de Denise Centore, écrits pour la radio en 1955. Voici ce qu’un dit Germaine Taillefere dans ses Mémoires (Extrait du livre de Jean Roy « Le Groupe des Six »)
J’ai composé pour la radio des musiques de scène : celle de Au Paradis avec les ânes, d’après Francis Jammes et celle du Maître de Ionesco. Mais je me suis bien plus amusée encore à écrire mes opéras bouffes Du style galant au style méchant : un faux XVIIIème siècle, un faux romantique, un faux Offenbach –le plus réussi je crois, de tous ces « à la manière de » - et un faux naturaliste à la Bruneau… »

Pour aller encore plus loin dans l'analyse des oeuvres au programme, consultez gratuitement  :

https://www.reseau-canope.fr/tailleferre/#autour-de-laffaire-tailleferre

Dossier pédagogique sur les Quatre Opéras de Tailleferre par l’Opéra de Limoges : http://www.operalimoges.fr/sites/default/files/DOSSIER%20SCO%20TAILLEFERRE%20WEB.pdf

 

Voici quelques sites qui pourront aider les candidats :

 1) Les ressources pédagogiques du Lycée BLaise Pascal, Section Musique:

http://www.musique-orsay.fr/pages/tailleferre_menu.html

2) Le Site de France Musique :

https://www.francemusique.fr/personne/germaine-tailleferre

https://www.francemusique.fr/actualite-musicale/musicopolis-germaine-tailleferre-paris-en-1955-592

3) Le site de la Cité de la musique-Philharmonie de Paris :

http://metiers.philharmoniedeparis.fr/option-facultative-musique.aspx