Miles Davis

Mis en ligne le 25 février 2015

Miles Davis, musicien trompettiste, a traversé le 20e siècle toujours aux avant-postes du jazz.

Il débute avec le swing des grands orchestres dans les années 40, vivra l’émancipation du be-bop, inventera le jazz cool, contribuera au hard-bop, puis à la new-thing (free-jazz) et sera à l’origine du jazz-rock fusion des années 70.

Catalyseur musical il sait repérer et réunir autour de lui des instrumentistes de talent qui feront ensuite de brillantes carrières solo comme John Coltrane, Wayne Shorter, Tony Williams, John McLaughlin, Herbie Hancock, Chick Corea...

Des hommes de l’ombre lui peaufineront ses créations : son ami Gil Evans, qui connaît l’écriture pour orchestre, lui arrange plusieurs disques ; Téo Macero, ingénieur du son chez Columbia, lui fait bénéficier des dernières inventions des studios d’enregistrement ; enfin Marcus Miller, bassiste prodige des années 80, lui écrit plusieurs albums dont Tutu.

Né en 1929 dans le sud des Etats-Unis, d’une famille lettrée et petit bourgeoise, il gardera toute sa vie la fierté et la douleur d’être noir dans un pays ou règne la ségrégation. La pratique de la boxe, l’argent et la notoriété lui permettront de canaliser sa rancoeur à l’égard des blancs, mais ne lui éviteront pas les humiliations.

Formé à la Juilliard School de New-York, Miles Davis est cultivé et curieux des autres musiques. Il connait l’écriture musicale et écoute beaucoup de classique, Ravel, Debussy, Khatchaturian et Stockhausen. Mais c’est l’énergie et la vitalité de l’improvisation jazz qui l’attirent. A la fin des années 60 il est fasciné par l’immense popularité du rock et particulièrement Jimi Hendrix, dans le même temps, il souhaite se rapprocher des jeunes afro-américains qui écoutent du funk et James Brown. Il adoptera sa propre voie en devenant « la pop-star du jazz ».

Habillé par les grands couturiers, il est toujours entouré de belles femmes et roule en Ferrari. Ses attitudes sont imprévisibles, peut-être dues aux excès de drogue et d’alcool. Le mythe se construit, magnifié par les grands photographes, il fréquente le monde des arts et du show business. Adulé internationalement par un large public, il est estimé par ses pairs. Par delà sa mort en 1991 la légende se perpétue. A côté de la centaine d’albums publiés de son vivant ses héritiers sortent chaque année de nouveaux inédits. En 2010, la cité de la musique lui a consacré une immense exposition.

Mais avant tout c’est la musique que l’on garde en mémoire. Un jeu instrumental qu’il a travaillé tout au long de sa carrière vers l’épure de la ligne mélodique, un son dans le registre médium, sans vibrato, toujours à la recherche d’effets sonores et de nouvelles musiques en phase avec le monde.

 

 

Pour aller plus loin...

 Miles : l’autobiographie
 Quincy Troupe  
 Presses de la Renaissance, 1989

 


 Miles Davis / Ian Carr
 Epistrophy – 1991

 


 Miles Davis : l’ange noir
 Joel Balen
 mille et une nuits, 2001

 
 We want Miles
 (Catalogue de l’exposition de la Cité de la Musique 16/10/2009 – 17/01/2010) : ouvrage sous la direction de Vincent Bessières ;
 Texte de Franck Bergerot
 La cité de la musique

 
 Miles de A à Z
 Franck Bergerot
 Castor Music, 2013