Mozart (1756-1791) : héros de fiction !

Romans, Cinéma

Mis en ligne le 04 mai 2016

Le 27 janvier 1756 voit la naissance d’un futur génie de la musique : Wolfgang Amadeus Mozart.

Son père, Léopold, soigne son éducation musicale. Sa soeur Marie-Anne, appelée aussi Nannerl en profite indirectement.

Fier des prédispositions de son fils, Léopold n’hésite pas à faire partager son admiration aux cours étrangères.

Les voyages en Europe se succèdent. Toute la famille applaudit aux éloges que reçoit Wolfgang Amadeus. Le jeune Mozart se nourrit de la musique entendue au cours de ses pérégrinations et s’enrichit au contact des musiciens allemands, anglais, italiens, français…

Mais l’enfance prend fin et avec elle les illusions qui s’y rattachent. Mozart doit prouver qu’il n’est pas seulement « un petit monstre qu’on exhibe, mais un véritable musicien ». Il apprendra aussi « à ses dépens que les grands de ce monde sont versatiles ».


Mozart devenu musicien de cour auprès du Prince-Archevêque Colloredo à Salzbourg souffre des servitudes attachées à sa charge ; lui dont l’esprit fait montre de tant d’indépendance et que la routine ennuie ! Après plusieurs années de compromis, la rupture entre Colloredo et Mozart est consommée, et cette fois de façon définitive au cours du mois de mai 1781.

Sans protection, Mozart est contraint de gagner sa vie, libre mais sans un sou. En août 1782, il épouse Constance weber. Jusqu’à sa mort, le 5 décembre 1791, Mozart subira de fortes contraintes budgétaires qui, heureusement, ne l’empêcheront pas de composer des chefs-d’œuvre.


La vie de Mozart fut brève mais brillante. « Il est mort à peine âgé de 36 ans ; mais dans ce peu d’années, il s’est fait un nom qui ne périra point tant qu’il se trouvera des âmes sensibles. »

Destin prodigieux, personnage fascinant, Mozart ne pouvait qu’intéresser écrivains et cinéastes.


Alors que nous fêtons les 260 ans de sa naissance et qu’une de ses œuvres, le Divertimento k136 en ré majeur, est au programme du Bac Musique, nous vous proposons de découvrir quelques auteurs qui l’ont  mis en scène. A l’exemple du réalisateur Milos Forman ou de l’écrivain Eduard Mörike qui s’attachent au personnage lui-même, tandis que d’autres comme les cinéastes Ingmar Bergman, Joseph Losey ou l’auteur Christian Gailly donnent à certaines de ses œuvres une autre dimension.

A vous maintenant de les découvrir. Tous sont disponibles dans le réseau des Médiathèques de Lorient.

Monsieur Mozart se réveille / Baronsky
La Résurrection de Mozart / Berberova
Mozart et la pluie / Bobin
Mozart et Amadeus / Burgess
La soeur de Mozart / Charbonnier

Quand Mozart inspire plus d'un écrivain !

Monsieur Mozart se réveille / de Eva Baronsky. – Piranha, 2015

 « Une histoire à la fois drôle et touchante qui catapulte Mozart dans la cacophonie moderne.
Un portrait du génial Mozart sous une forme totalement inattendue : imaginez que Monsieur Mozart se réveille dans la Vienne d’aujourd’hui alors que la veille il était sur son lit de mort… Bien sûr, il ne trouve aucune explication à ce monde différent, étrange… Est-il aux portes de l’enfer ou du paradis ? Toute cette absurdité ne lui inspire qu’une seule réponse : il a désormais la mission divine de terminer son Requiem. Avec humour, grâce des scènes cocasses et inattendues, Eva Baronsky aborde avec une grande sensibilité le génie de Mozart. Original, brillant, charmant, ce roman se révèle également profond et teinté de mélancolie. » (Site de l’éditeur)

La résurrection de Mozart / de Nina Berberova. – Actes Sud, 1988


« Imaginons une soirée d'été. Chaude et paisible. Dans la lumière du crépuscule, quelques amis finissent de dîner. Le ciel est pur mais à l'accalmie inquiétante de cette nuit de juin 40 succède, au loin, la rumeur des canons. On parle de la guerre, de ses présages...
Et voilà que la conversation entraîne la pensée de chacun vers le passé... Si, d'un geste de prestidigitateur, on devait ressusciter quelqu'un... "Mozart, bien sûr, et personne d'autre ! se dit Maria. Quelle joie ce serait !"
"Et soudain il lui sembla que sur le gravier blanchâtre de la cour se détachait, pâle, imprécise, l'ombre d'un homme" ... Mozart ? Obscur et inconnu ? Mais s'il revenait, lui, doué d'une si puissante harmonie au cœur, que ferait-il dans ce monde ? Serait-il écouté ?… » (Babélio)

Mozart et la pluie. [Suivi de] Un désordre de pétales rouges / Christian Bobin. – Lettres Vives, 1997 (Entre 4 yeux)


Aujourd'hui le réel m'est entré dans la bouche, et le silence avec. Je n'ai pas touché à la parole. Mozart m'a donné la becquée et la pluie a essuyé mes lèvres. (4ème de couverture)

Mozart et Amadeus / d’Anthony Burgess. – Grasset, 1993


 « Anthony Burgess, compositeur, pianiste de jazz, critique musical respecté, écrivain, nous propose le plus original, le plus vivant et le plus saugrenu des hommages à Mozart qui se puisse imaginer. Un véritable kaléidoscope littéraire : en guise d'ouverture, un livret d'opéra où sont mis en scène les heures et malheurs de l'enfant prodige ; des entractes au cours desquels s'affrontent Beethoven, Mendelssohn, Prokofiev, Berlioz, Wagner... ; la Quarantième Symphonie devenue roman ; fragments de scénarios qui voient s'opposer deux personnages, Anthony et Burgess... Ainsi, note après note point le vrai portrait de Wolfgang Amadeus Mozart, qui déborde la partition, envisage la nature antimusicale des cultures non chrétiennes, prend position dans le débat Schoenberg contre la tonalité traditionnelle... » (Site de l’éditeur)

La sœur de Mozart / de Rita Charbonnier. – Seuil, 2006 (Cadre vert)


Dans leur enfance, une forte complicité unissait les deux petits Mozart ... Wolfgang avait une grande admiration pour sa soeur, virtuose du clavier et compositrice. Or, un beau jour, la jeune fille disparaît de la scène, ne laissant à l'Histoire que quelques lettres. Que s'est-il donc passé ? Qu'est devenu ce prodigieux talent né dans le corps d'une femme ?
Rita Charbonnier a mis en oeuvre toute son inclination musicale et une incroyable pénétration psychologique pour sortir de l'ombre le personnage de Nannerl et saisir les raisons de cet effacement : passion, rage, jalousie, ressentiment, incompréhension, détachement... jusqu'à la réconciliation, advenue après la mort de Wolfgang, qui laissera émerger l'affection et l'amour pour la musique qui, en fin de compte, a influencé toute sa vie... (Site de l’éditeur)

k. 622 / Gailly
Sauver Mozart / Jérusalmy
Le Voyage de Mozart à Prague / Möricke
Mozart et Salieri / Pouchkine
Rire en do mineur / Pujade-Renaud
Le dernier des Mozart / Tournier

K.622 / de Christian Gailly. – Editions de Minuit, 2011 (collection Double)

Une nuit alors qu'il est au lit dans le noir et somnole la radio allumée, la musique de Mozart s'insinue dans la chambre et le réveille. L'émotion est si forte qu'il a peur de la perdre, de ne jamais pouvoir la revivre. Il se procure différents enregistrements de l’oeuvre, les écoute, mais chaque fois quelque chose manque, il ne retrouve pas le plaisir de cette nuit-là. Puis un jour il apprend que le concerto va être donné à Paris. Il décide de s’y rendre. (Site de l’éditeur)

Sauver Mozart / de Raphaël Jérusalmy. – Actes Sud, 2012


 « De juillet 1939 à août 1940, le journal d'Otto J. Steiner, critique musical salzbourgeois reclus dans un sanatorium en déshérence au cœur d’un monde qui tombe en miettes. En orchestrant la vengeance de la musique contre l’Histoire, Raphaël Jerusalmy signe le roman irrésistiblement cruel et drolatique d’un destin à deux doigts de changer celui du siècle. » (Site de l’éditeur)

Le voyage de Mozart à Prague / une nouvelle de Eduard Mörike. – Ombres, 1989 (Petite Bibliothèque)


« Cette nouvelle raconte le voyage pour Prague entrepris par Mozart et sa femme à l'automne 1787, en vue de diriger personnellement la première représentation de Don Giovanni. L'auteur mêle fiction et vérité. » (Extrait du site Bibliomonde)

Mozart et Salieri [dans Œuvres complètes, tome 1] / de Alexandre Pouchkine. – André Bonne Editeur, 1953


Pièce constituée de deux brèves scènes à deux personnages Mozart et Salieri. « L’intrigue repose sur une légende selon laquelle Salieri aurait empoisonné Mozart, légende dont la critique historique a fait justice…Il reste que le thème de l’envie est ici porté à la scène avec une rare puissance… » (Extrait de la notice sur Mozart et Salieri par André Meynieux)

 

 

Rire en do mineur : et autres nouvelles / de Claude Pujade-Renaud. – Actes Sud, 2014


Quelques grands noms de créateurs (Mozart, Stendhal, Schiele, Joyce…) et de créatures (Eurydice, OEdipe, Rossinante, Jacques le Fataliste…) sont au coeur de ces nouvelles. Le plus souvent, les personnages sont vus de biais, par un parent, une interprète ou une compagne qui, quoique bienveillants, ne sont jamais dupes.
À travers ces approches ludiques et ces regards multiples, Claude Pujade-Renaud éclaire certaines correspondances entre vie et création, soulignant avec un humour complice l’heureuse et nécessaire part de folie qui préside plus ou moins secrètement à la genèse de l’oeuvre. (Site de l’éditeur)

Le dernier des Mozart / Jacques Tournier. – Calmann-Lévy, 2000


Pour se détacher de l'ombre immense de son illustre père et pour le rendre plus humain, son fils, François-Xavier, va partir à la découverte de la vie sentimentale du grand Mozart, dessinant, à travers les confidences de son entourage, le portrait d'un être finalement très proche. (4ème de couverture de l’édition Folio parue chez Gallimard)

"Une vie ? C'est une énigme. Elle doit le rester. On ne peut la résoudre. Seulement la décrire..." (Jean Blot)

Quand des écrivains deviennent les biographes singuliers de Mozart !

Mozart / Blot
Mystérieux Mozart / Sollers
Vies de Haydn, de Mozart et de Métastase / Stendhal

Mozart / par Jean Blot. – Gallimard, 2008 (Folio biographies ; 41)

"Je ne peux écrire en vers : je ne suis pas poète. Je ne peux distribuer les couleurs : je ne suis pas peintre. Je ne peux non plus exprimer par signes et pantomimes mes sentiments et mes pensées : je ne suis pas danseur. Mais je le peux par les sons : je suis musicien.
Pianiste et violoniste virtuose, Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) laisse à sa mort plus de six cents pièces embrassant tous les genres musicaux de son temps : concertos, symphonies, sonates, opéras, etc. Avec une empathie qui ne se dément jamais, Jean Blot nous fait vivre au plus près de celui que Rossini considérait non comme le plus grand des musiciens, mais comme «l'unique». Il nous conte ses peines enfantines et ses joies, ses craintes d'adolescent, ses frayeurs d'adulte ; et nous plonge au cœur d'une œuvre marquée par une puissance créatrice inouïe et la volonté majeure «d'étendre la joie au détriment de la tristesse». (Site de l’éditeur)

 

Mystérieux Mozart / de Philippe Sollers. – Plon, 2001


 «Il est étrange de se dire qu'après Mozart tout s'est brusquement ralenti dans le bruit, la fureur, le tintamarre. Il y a eu une accélération de l'Histoire, soit, mais sur fond de stupeur, de torpeur. De nos jours, la vitesse est partout sauf dans les esprits. Du temps de Wolfgang, c'est le contraire. On voyage en diligence, les préjugés barrent l'horizon, c'est encore l'immense province, la noblesse, à quelques exceptions près, n'entend rien à ce qui va venir, mais le bouillonnement sensuel et neuronal est là, l'intelligence fuse à travers les doigts et les souffles. L'humanoïde actuel est un montage électronique à tête molle. La pointe du XVIIIe siècle, au contraire, est un oiseau spirituel à animalité de soie et d'acier.» (Philippe Sollers.)

 

Vies de Haydn, de Mozart et de Métastase / Stendhal. – Le Divan, 1928 (Le Livre du Divan)


"J’ai cherché à analyser le sentiment que nous avons en France pour la musique. Une première difficulté, c’est que les sensations que nous devons à cet art enchanteur sont extrêmement difficiles à rappeler par des paroles. Je me suis aperçu que, pour donner quelque agrément à l’analyse philosophique que j’avais entreprise, il fallait écrire les vies de Haydn, de Mozart et de Métastase.
Haydn m’offrait tous les genres de musique instrumentale; Mozart, sans cesse comparé à son illustre rival Cimarosa, donnait les deux genres de musique dramatique; celle où la voix est tout, et celle où la voix ne fait presque que nommer les sentiments que les instruments réveillent avec une si étonnante puissance. La vie de Métastase amenait naturellement l’examen de ce que doivent être les poèmes destinés à conduire l’imagination, cette folle de la maison, dans les contrées romantiques que la musique rend visibles aux âmes qu’elle entraîne."
"Nous parlons beaucoup de musique en France, et rien dans notre éducation ne nous prépare à en juger. J’ai pensé que les jeunes femmes qui entrent dans le monde trouveraient avec plaisir, en un seul volume, tout ce qu’il faut savoir sur cet objet." (Extraits de l'introduction de Stendhal pour son ouvrage)

Quand le cinéma s'empare de la vie et de l'oeuvre du musicien !

Amadeus de Milos Forman
Don Giovanni de Joseph Losey
La Flûte enchantée d'Ingmar Bergman
La Flûte enchantée de Kenneth Branagh
Mozart : l'opéra rock d'Olivier Dahan

Amadeus / un film de Milos Forman (1984)

A Vienne, en novembre 1823. Au coeur de la nuit, un vieil homme égaré clame cette étonnante confession : "Pardonne, Mozart, pardonne à ton assassin !" Ce fantôme, c'est Antonio Salieri, jadis musicien réputé et compositeur officiel de la Cour.  Dès l'enfance, il s'était voué tout entier au service de Dieu, s'engageant à le célébrer par sa musique, au prix d'un incessant labeur. Pour prix de ses sacrifices innombrables, il réclamait la gloire éternelle. Son talent, reconnu par l'empereur mélomane Joseph II, valut durant quelques années à Salieri les plus hautes distinctions.  Mais, en 1781, un jeune homme arrive à Vienne, précédé d'une flatteuse réputation. Wolfgang Amadeus Mozart est devenu le plus grand compositeur du siècle. Réalisant la menace que représente pour lui ce surdoué arrogant dont il admire le profond génie, Salieri tente de l'évincer.


Don Giovanni / un film de Joseph Losey (1979)


La légende espagnole de Don Juan, le séducteur libertin, d'après l'opéra de Mozart et portée à l'écran par Joseph Losey. Don Giovanni, qui a tenté de séduire Donna Anna, est provoqué en duel par le père de celle-ci, le Commandeur. Il le tue et oubliant l'incident, s'enflamme déjà pour une autre. L'épouse qu'il a abandonnée le recherche. Don Giovanni tente alors de séduire une jeune mariée ...
Suppléments : Don Giovanni, le film opéra : documentaire original réalisé par Thibault Carterot; "A propos de Don Giovanni", film réalisé sur le tournage par Jean-Pierre Janssen; l'odyssée sonore : reportage sur le remixage de Don Giovanni; Losey et Don Giovanni : analyse de Michel Ciment. Livret des notes de tournage.

 

La Flûte enchantée / un film d’Ingmar Bergman (1974)


La princesse Pamina, fille de la Reine de la Nuit, est enlevé par le grand prêtre Sarastro, qui souhaite la fiancer au vaillant prince Tamino... Bonus : document sur le tournage - Bergman rencontre Mozart - interview du réalisateur.


Autre version, celle de Kenneth Branagh réalisé en 2006


A la veille de la Première Guerre mondiale, Tamino s'engage dans un dangereux périple en quête d'amour, de paix et de lumière. Un calme inquiétant plane sur la région, tandis que Tamino, en compagnie de ses hommes paralysés par l'angoisse, attend l'ordre de partir au combat. Au cours du chaos qui s'ensuit, Tamino est projeté dans un univers crépusculaire, entre rêve et cauchemar, où trois infirmières militaires lui sauvent la vie... Lorsque Papageno, gardien des canaris utilisés pour détecter la présence de gaz dans les tranchées, prétendant avoir sauvé Tamino, les Soeurs décident de les envoyer sur une mission périlleuse...

 

 

 

Mozart : l’opéra rock / une comédie musicale d’Olivier Dahan (2009)

Retrouvez le mariage de Mozart avec la musique pop dans cette comédie musicale emmenée par de jeunes chanteurs qui ont su s'approprier toutes les folies de leurs personnages. Le spectacle démarre au moment où le destin de Mozart bascule : Colloredo succède au Prince-archevêque de Salzbourg. Le nouveau souverain est un homme austère et autoritaire qui est insensible à la musique de Mozart et allergique à la fougue et l'impertinence du personnage. Pour Mozart, la vie à Salzbourg devient vite intenable. Il a 20 ans quand il décide de quitter sa ville natale en compagnie de sa mère à la recherche d'un avenir meilleur dans une capitale européenne. Le périple du compositeur va être jalonné d'échecs et de cruelles déceptions...