RAP : poésie, rébellion, improvisation

Musique

Mis en ligne le 02 octobre 2014

A l'occasion de la conférence "Aux origines du Hip-hop" d'Olivier Cachin qui suivra la projection du documentaire The last poets/made in Amerikkka le samedi 8 novembre à 15h, nous vous proposons un survol de ce genre musical.

En savoir plus sur la conférence


 

 

Le rap naît à la fin des années 70 aux Etats-Unis dans le Bronx New Yorkais.
Les leaders Martin Luther-King ou Malcolm X ont cessé de porter la voix des ghettos noirs. Les jeunes s’emparent du micro et expriment leur malaise à vivre dans une société qui ne leur promet aucun avenir.

Les racines du rap :

- Le funk (James Brown, Georges Clinton) auquel il emprunte le groove.
- Les DJ jamaïcains qui apportent leur technique du toasting (chant sur des disques vinyles qu’ils mixent).
- Le débit verbal des preachers (prédicateurs noirs) qui forgera le flow (parlé-chanté-scandé) caractéristique du rap.

2 personnages :

- le MC (maître de cérémonie) qui chante et improvise des paroles qui riment et racontent le quotidien des banlieues, mais surtout revendiquent et contestent.

- Le DJ qui  ajoute à ses platines, sur lesquelles il mixe des vinyles, des machines électroniques comme la BeatBox (boîte à rythme) ou le sampleur (échantillonneur de sons) couplé avec de multiples effets. Il invente le DJ-ing, le scratch…

Patchwork d’origine et patchwork créatif, le rap est le versant musical du mouvement culturel Hip-hop, qui englobe aussi la danse (break dance, smurf), le graphisme (graph, tag) et la mode vestimentaire (street wear). Son lieu d’expression la RUE.

Les rappeurs s’inspirent de ce qu’ils connaissent (la banlieue, les trafics, les règlements de compte, la police,…) et rêvent du seul avenir possible quand on vient du ghetto : devenir mac ou chef de gang. Les femmes sexy, les armes à feu, les bijoux en or, symboles de réussite sociale sont omniprésents dans les clips vidéos.

Dans les années 80, le rap explose. La côte Ouest revendique à son tour un rap dur authentique et conteste la suprématie de la côte Est. De nombreux courants naissent comme le Gangsta Rap (Rap des Gangsters). Des affrontements consécutifs à des clashes (dénigrement par chanson interposée) feront des morts dont Tupak et Notorious Big. Les associations de protection des bonnes moeurs multiplient les procès et imposent les stickers « parental advisory » sur les CD.

De marginal le phénomène devient médiatique et vend des millions de disques. Le rap  sort du ghetto, les jeunes blancs se reconnaissent à leur tour dans cette manière de communiquer leur message de rébellion et de quête d’identité.

Le Rap s’exporte dans le monde entier et notamment en France où il débarque en 1984 dans « Hip-Hop » l’émission de Sydney, la première présentée par un noir, puis dans « Rapline » jusqu’en 1993 animée par Olivier Cachin. La richesse linguistique du français et le malaise des banlieues en mal de modèle d’intégration sont propices à l’épanouissement d’un Rap made in France qui a son tour recevra une reconnaissance internationale.

 

Un des précurseurs

 

1971 LasPoets This is madness </s

Côte Ouest (Gansta Rap)

1988 Ice-T « Power »

 

 

1992 Dr Dre « The Chronic »

 

Midwest

 

1999 Eminem « The slim Shady LP »</link
 

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